ITE en filière sèche : une technologie valorisée par le SNBVI et qui répond aux enjeux du bâtiment

La dynamique positive de 2021 se poursuit. Le premier trimestre 2022 affiche une activité croissante de 3,5 %. Pourquoi ? En raison de l’entretien, de la rénovation et des travaux d’amélioration en performance énergétique du logement en France. Si les chiffres sont encourageants, les professionnels du secteur restent vigilants. Le SNBVI représente la filière sèche de l’ITE auprès des industriels et des institutionnels. Son président, Stéphane Lambert, nous apporte des réponses sur les enjeux de ce syndicat professionnel, et plus encore sur le secteur du bâtiment. Entretien.

Propos recueillis par Sarah Gicquiaud

Stéphane Lambert
Photo : SNBVI

Comment décririez-vous le SNBVI et quels sont ses enjeux ?

« Le Syndicat national des bardages et vêtures isolés est un syndicat professionnel, regroupant un certain nombre d’entreprises représentatives de l’ITE (isolation thermique par l’extérieur, ndlr) en filière sèche sur le marché français. Notre particularité est de représenter des fabricants de parements, mais aussi d’accessoires. Notre force réside dans la représentation de chacune des composantes d’un bardage rapporté, de la cheville d’ancrage au parement extérieur. La majorité des membres vient du mur manteau, représentant initialement la filière humide et la filière sèche. Même si l’isolation thermique d’une façade vise la même finalité, quelle qu’en soit la voie, la technicité, la mise en œuvre ou les atouts sont différents. Les besoins de représentation institutionnelle, de développement technique, de promotion de filière sont autant d’enjeux qui confortent l’existence du syndicat. »

Quel état des lieux du secteur du bâtiment pouvez-vous dresser au regard des enjeux actuels ?

« Le marché du bâtiment est actuellement correct. Le carnet de commandes reste bien rempli, autant pour les industriels que pour les entreprises de pose. La remontée du nombre de chantiers est aussi spectaculaire que fut sa chute durant la période Covid. Nous constatons même une légère hausse par rapport à 2019. Nous venons de réaliser notre étude semestrielle avec l’Unicem1 et sommes encore en attente des résultats. Celle-ci nous permettra d’avoir une vision concrète plutôt qu’un ressenti. En attendant, dans un communiqué de presse de mai 2022, la Capeb2 annonce + 3,5 % de croissance au 1er trimestre 2022, une dynamique positive malgré un contexte très incertain. En effet, le secteur commence à cumuler quelques problématiques : le manque de main-d’œuvre et d’approvisionnements, la hausse des coûts de production de matière et d’énergie. Cela étant, il faut regarder tout ça avec optimisme. L’entrée en vigueur de la RE 2020 est un signal très positif, tout comme la prise de conscience collective sur le gaspillage de nos ressources. »

 

Immeuble de bureaux, pont de Flandres, Paris 19e
Anne Carcelen architecte, bardage WMZinc).
Photo : VMZinc

Comment l’ITE en filière sèche contribue-t-elle à réduire la facture énergétique ?

« Au-delà de l’isolation d’un bâtiment et de sa performance, il faut toujours avoir en tête que la meilleure réduction de la facture d’énergie reste celle que l’on ne consomme pas. Que ce soit en couverture ou en bardage, dès lors que l’on traite l’interface par l’extérieur, que l’on limite les ponts thermiques, on va réduire la consommation d’énergie. La technique d’ITE en filière sèche utilise des parements à haute durée de vie. On construit pour cinquante ans. L’intérêt réside dans la réduction très importante des coûts d’entretien et de la maintenance. Et ce, grâce à la longévité des produits. Cette solution constitue une réponse à la nécessité de baisser la facture globale. Comme l’a montré l’étude menée avec CSA Research, la technologie de l’ITE en filière sèche est maîtrisée et sa mise en œuvre normalisée. Elle est plébiscitée par les professionnels pour ses caractéristiques esthétiques et créatives (diversité de matériaux, de couleurs, de textures et de finitions), sa durabilité, sa performance énergétique et son adaptabilité. »

Qu’en est-il de la RE 2020 en vigueur depuis janvier ?

« La RE 2020 se met en place de manière progressive. Il y a des changements de réglementations, des contraintes renforcées ou nouvelles. L’un des objectifs est aussi de prendre en compte l’isolation thermique d’été, souvent oubliée. Isoler correctement par l’extérieur est nécessaire tout au long de l’année. L’aspect inertiel de ce système constructif est très intéressant, puisqu’il est à la fois profitable en hiver et en été par le décalage entre la prise d’énergie d’un côté et sa restitution de l’autre. Certes la technologie de l’ITE existe déjà, mais cette réglementation la remet en avant et la valorise, car elle y répond correctement. Pour illustrer la notion d’été et la mesure de l’inconfort en degré-heure (DH), l’étude menée auprès de Pouget Consultants montre que les solutions techniques ITE du SNBVI diminuent en moyenne de 20 % les DH par rapport aux autres systèmes constructifs (ITI, solution tout bois…). Concrètement, l’ITE en filière sèche est une technique connue, reconnue et simple à mettre en œuvre. Ses produits à haute durée de vie offrent un large panel de solutions à même de satisfaire tous les publics comme les architectes. Elle représente un acte de construire que l’on réalise une fois dans sa vie. Alors, il faut se renseigner auprès des entreprises de pose sur les offres et les possibilités techniques. »

Pouvez-vous revenir sur votre rôle de président et sur vos perspectives pour le SNBVI ?

« Être président d’un syndicat tel que le SNBVI, c’est d’abord avoir un rôle externe. Il faut le représenter, le promouvoir et s’en faire le porte-parole le plus efficace possible. Être président, c’est aussi jouer un rôle fédérateur en interne avec les membres, afin d’articuler les différentes forces qu’ils mettent à disposition. L’ambition pour l’avenir est de toujours offrir une plus grande visibilité pour le syndicat. Parce que nous en avons besoin, et surtout parce que cette technique pourtant reconnue n’a pas encore l’aura qu’elle mérite. C’est sa diffusion et sa vulgarisation qui permettront à cette technique et, par ricochet, au syndicat et à la filière, de se développer. »

 

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