La RE2020 va connaître plusieurs ajustements dès 2026. Objectif : préserver l’ambition climatique tout en limitant les surcoûts et en adaptant certaines règles de conception, notamment sur le confort d’été, les balcons ou les immeubles de grande hauteur.

Remplaçant la RT2012, la RE2020 se veut plus ambitieuse, notamment en intégrant l’empreinte carbone sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment, là où la RT2012 se concentrait sur les performances énergétiques. Forcément, les efforts demandés aux différents acteurs impliqués dans la conception, la construction et la démolition d’un bâtiment sont plus importants. Pour ce faire, trois jalons ont été fixés en 2025, 2028 et 2031, afin que le seuil carbone soit réduit, certes, mais progressivement, pour donner le temps au secteur de s’adapter.

Malgré tout, le secteur a fait face à des difficultés. C’est du moins ce que pointe un rapport commandé par le gouvernement. Mené par Robin Rivaton et publié en juillet 2025, celui-ci souligne « une dynamique industrielle vertueuse », mais qui « risque d’entraîner des surcoûts et des arbitrages défavorables aux usagers si rien n’est fait ». Le rapport a formulé 23 propositions, qui ont été débattues puis mises en concertation.

RE2020 : un décret en mars

Mardi, le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a lancé une consultation obligatoire avant la publication d’un premier paquet de mesures, qui paraîtront par décret en mars. Ledit paquet concerne le confort des habitants et les règles de conception.

« Nous devons aller vers des bâtiments plus vertueux. Mais nous devons le faire avec le secteur du bâtiment, pas contre lui. Notre cap tient en deux principes : tenir le jalon 2028 et permettre à la construction de repartir pour loger les Français », a déclaré Vincent Jeanbrun, cité dans un communiqué.

Les contours des mesures sont encore flous, mais certaines concernent des modulations pour les balcons, loggias, terrasses ou les grandes hauteurs sous plafond. Les règles applicables aux immeubles de grande hauteur (IGH) seront adaptées afin de prendre en compte des contraintes spécifiques, liées par exemple à la sécurité incendie. Il est aussi question de ne pas pénaliser « la climatisation collective quand elle est nécessaire dans les bâtiments raccordés à un réseau de chaleur urbain », détaille le communiqué.

Une autre piste vise à encourager les surélévations, en adaptant les règles lorsqu’elles sont inférieures à 30 % de la surface du logement, exception faite des maisons individuelles.

RE2020 : d’autres ajustements au premier semestre 2026

D’autres ajustements sont prévus au premier semestre 2026. Un second décret doit venir améliorer l’indicateur de confort d’été. L’idée est de mieux anticiper les vagues de chaleur et les épisodes climatiques extrêmes. « Il permettra également de réinterroger les seuils de contenu carbone de la construction en fonction des dernières données environnementales disponibles », note le communiqué.

« Nous devons aller vers des bâtiments plus vertueux. Mais nous devons le faire avec le secteur du bâtiment, pas contre lui. Notre cap tient en deux principes : tenir le jalon 2028 et permettre à la construction de repartir pour loger les Français », indique Vincent Jeanbrun. Le ministre s’est dit engagé à poursuivre la concertation avec les acteurs du secteur.