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Vatican : les 284 colonnes de la place Saint-Pierre protégées par une entreprise française

La basilique Saint-Pierre et la place qui en est l’écrin, avec sa forêt de colonnes et son peuple de statues, sont une merveille d’architecture. Pour protéger cette immense colonnade des méfaits de la pollution et des vandales, le laboratoire des Monuments historiques du Vatican a opté, après des mois de tests, pour l’application d’une formulation en phase aqueuse qui a fait ses preuves.

L’un des plus remarquables exemples au monde de l’architecture classique a retrouvé sa splendeur et son éclat. Photo : Guard Industrie L’un des plus remarquables exemples au monde de l’architecture classique a retrouvé sa splendeur et son éclat. Photo : Guard Industrie La place Saint-Pierre, profonde de 320 m et d’un diamètre central de 240 m, évoquant deux bras accueillants qui enserrent et rassurent le pèlerin lors de son avancée vers la monumentale beauté de la basilique, a été réalisée entre 1656 et 1667 par Gian Lorenzo Bernini sur ordre du pape Alexandre VII. Le site est impressionnant et, à chaque fois que l’on pénètre sur la place, on ne peut qu’être saisi, malgré la foule qui s’y amasse sans cesse, par sa majesté et sa puissance architecturale : la colonnade comprend 284 colonnes de style dorique disposées sur quatre rangées, complétées par 88 pilastres. La balustrade supérieure est ornée de 140 statues sculptées vers 1670 par des élèves de Bernini, chacune haute de plus de trois mètres, personnalisant les saints et les pères de l’Église, une représentation magistrale de l’Ecclesia Triumphans. Les balcons et les corniches courent sur 1 200 m. Bernini avait expliqué lui-même son parti pris architectural : « Puisque l’église de Saint-Pierre est la mère de toutes les autres, elle devait avoir un portique qui montre précisément de vouloir recevoir à bras ouverts, maternellement, les catholiques pour les confirmer dans leur foi, les hérétiques pour les ramener dans l’Église et les infidèles pour les éclairer dans la vraie foi ». Au centre de la place se dresse un obélisque en granit rouge d’Égypte haut de plus de 25 m, installé là en 1585 par Domenico Fontana, un travail commandité par le pape Sixte V. Dans l’Antiquité, cette aiguille de pierre se situait au centre de la spina du cirque de Caligula et de Néron (Circus Vaticanus). Plus modeste que le gigantesque Circus Maximus qui, selon Pline, pouvait accueillir 250 000 spectateurs, ses dimensions imposantes permettaient cependant d’y organiser de trépidantes courses de chars. L’obélisque aurait aussi marqué l’endroit, dit la tradition, où l’apôtre Pierre aurait été crucifié, à l’envers, la tête en bas. Détail de la colonnade avant l’intervention : on remarque les dégradations dues à la pollution et aux indélicatesses. Photo : Guard Industrie Détail de la colonnade avant l’intervention : on remarque les dégradations dues à la pollution et aux indélicatesses. Photo : Guard Industrie Le choix du produit protecteur optimum La colonnade avait beaucoup souffert de la pollution et de l’incivisme imbécile de passants traçant des graffiti sur cette architecture remarquable. Une campagne de restauration des monuments de la place Saint-Pierre, commencée en 2009, a permis de rendre sa beauté à l’ensemble. Les travaux effectués sur les colonnes, pour un budget de 14 millions d’euros financé en partie par des sponsors privés, se sont achevés. Mais il ne suffit pas de nettoyer, encore faut-il ensuite préserver. Un appel d’offres international a été lancé auprès de toutes les sociétés spécialisées dans la protection des structures en pierre. Le laboratoire des Monuments historiques du Vatican, après réception d’échantillons des différentes formulations, s’est livré pendant deux années entières à des séries de tests scientifiques : absorption d’eau, barrage contre la pollution, résistance aux graffiti, etc. Et c’est une entreprise française, Guard Industrie, qui a remporté le marché face à des concurrents italiens, allemands et américains. Barnabé Wayser, le jeune dirigeant de cette société créée par son père en 1989, explique : « La concurrence existe au niveau mondial, avec près d’une quarantaine de produits différents, dont plusieurs en France, mais aucun n’offre un spectre d’intervention aussi large que nous. C’est la qualité qui fait la différence, pas le prix. Et nous avons déjà de belles références dans plusieurs pays sur des édifices historiques, avec une réputation bien établie. Ici, le maître d’ouvrage connaissait déjà notre distributeur local, Pelicoat Italia ». Pour la colonnade du Vatican, le chantier devait intégrer des contraintes liées à une intervention sur un site immense que l’on ne pouvait interdire aux visiteurs que par tranches, et aux volumes nécessaires. « Nous avons fourni aux autorités vaticanes quatre tonnes de la formulation ProtectGuard Pro 2100, reprend Barnabé Wayser, un produit invisible qui n’altère en rien la texture ni le toucher des pierres, et laisse respirer le support. C’est un produit d’imprégnation qui ne risque jamais de se décoller ni de peler ». Le ProtectGuard avait été expédié en cuves de 1 000 litres, mais il a fallu fournir également de nombreux petits contenants vides pour le transvasement, afin de faciliter les manipulations par les applicateurs. Barnabé Wayser : « Nous disposons d’une solide expérience internationale dans les bâtiments historiques ». DR Barnabé Wayser : « Nous disposons d’une solide expérience internationale dans les bâtiments historiques ». DR Des applicateurs spécialement formés pour l’occasion Le ProtectGuard Pro est un copolymère acrylique fluoré en phase aqueuse. Il bénéficie d’une garantie décennale par Axa, à condition d’être mis en œuvre dans les règles de l’art par des personnels agréés, formés par Guard Industrie. Or, à Rome, les applicateurs devaient être des membres des services techniques de l’État du Vatican. « Nous les avons donc réunis chez Pelicoat, et nous sommes allés nous-mêmes les former », dit Barnabé Wayser. Une dizaine de personnes en tout, qui ont travaillé sur la colonnade pendant trois mois par équipes de trois. « Le travail a été effectué par groupes de colonnes, afin de minimiser les restrictions d’accès à la place et au site historique ». L’application se fait à la main, avec précaution, à la brosse ou au rouleau. Évidemment, le temps nécessaire est plus long que si l’on utilisait un matériel d pulvérisation – une solution également envisageable – mais on a préféré ici cette méthode afin de réduire les pertes de produit et permettre une adaptation parfaite du liquide à la granulation des pierres des colonnes. Notons que le ProtectGuard Pro 2100 n’est efficace que sur des pierres poreuses ou très poreuses : il était donc parfaitement adapté au travertin romain. Pour les édifices bâtis en pierre dure et dense, comme le marbre, le granit ou le basalte, la gamme Guard Industrie apporte aussi une réponse spéciale, le ProtectGuard MG, une solution à base de chlorophyllane.Application à la main et à la brosse du Protect Guard sur chacune des colonnes. Photo : Guard Industrie   Application à la main et à la brosse du Protect Guard sur chacune des colonnes. Photo : Guard Industrie

Une efficacité rapidement visible

Une fois l’application achevé, il n’y a plus qu’à attendre. Et encore ne faut-il pas attendre longtemps : le ProtectGuard est sec au toucher en une heure à peine, l’efficacité maximum contre les infiltrations d’eau est atteinte en 24 heures, en 48 heures pour les taches et en cinq jours pour les graffiti. En une semaine, les performances sont parfaites. Barnabé Wayser raconte une anecdote : “Juste quelques jours après qu’une colonne a été traitée, quelqu’un avait déjà cru bon d’y gribouiller un graffito. Un membre de l’équipe l’a immédiatement éliminé à l’aide de notre nettoyant GraffiGuard 2030, avec succès. Les autorités vaticanes étaient ravies !” Il faut dire que, tout au long des travaux, le laboratoire des Monuments historiques du Vatican s’est montré particulièrement scrupuleux et attentif au déroulement des opérations. “C’est une excellente chose. En France, malheureusement, il faut reconnaître que les maîtres d’oeuvre que sont les ABF et les ACMH sont plus réticents à prescrire ce type de produit, à cause de quelques mauvaises expériences qu’ils ont pu observer suite à l’utilisation de formulations mal adaptées ou de qualité discutable. Pour obtenir de bons résultats, n’importe qui ne peut pas faire n’importe quoi”. S. V. État des colonnes après intervention des restaurateurs et application du produit de protection. Photo : Guard Industrie État des colonnes après intervention des restaurateurs et application du produit de protection. Photo : Guard Industrie   magazine-atrium-construction-67Retrouvez le dossier complet dans Atrium Construction N°67 A commander sur Kiosque21

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